En bref — Devenir réserviste de la Gendarmerie nationale, c’est s’engager avec un statut militaire et recevoir un paquetage de base. Mais certains équipements essentiels restent à votre charge. Ce guide vous aide à ne rien oublier avant vos premiers renforts en brigade.
Vous venez de signer votre contrat d’Engagement à Servir dans la Réserve (ESR) et vous préparez vos premières missions de renfort ? La question de l’équipement arrive très vite. Et pour cause : entre ce que l’institution fournit et ce que vous devez acquérir personnellement, la frontière n’est pas toujours claire. Ce guide pratique, construit à partir de sources officielles et de retours d’expérience terrain, vous donne une vision complète et vérifiée.
Qui sont les réservistes de la Gendarmerie nationale ?
La Réserve Opérationnelle de la Gendarmerie Nationale (ROGN) constitue un pilier discret mais indispensable de la sécurité intérieure française. Elle se compose de civils volontaires, d’anciens militaires et de personnels en fin de carrière active. En 2024, la Gendarmerie comptait environ 37 000 réservistes sous ESR, avec un objectif affiché de 50 000 à moyen terme, selon les données de Radio France Infos et du ministère de l’Intérieur.
Ces hommes et ces femmes viennent renforcer les unités d’active sur des missions de patrouille et de surveillance, des contrôles routiers, du maintien de l’ordre ou encore la gestion de catastrophes naturelles. Leur rôle est concret, opérationnel, et soumis aux mêmes exigences réglementaires que les gendarmes de carrière.
Un statut militaire à part entière
Le réserviste de la Gendarmerie porte le statut de militaire de réserve. Il est indemnisé à partir de 60 € nets par jour selon son grade. Il bénéficie d’une carte professionnelle électronique lui permettant d’accéder aux applications internes. Après assermentation et formation spécifique, il peut porter une arme de service dans le cadre strict de la légitime défense. La compétence d’Agent de Police Judiciaire Adjoint (APJA) lui est reconnue, ce qui lui confère de vraies prérogatives sur le terrain.
La PMG et la FORT : les formations d’entrée des réservistes de la Gendarmerie
Avant toute mission, deux voies de formation existent. La Préparation Militaire Gendarmerie (PMG) dure 15 jours et se déroule en trois phases : enseignement à distance, période militaire d’initiation, puis formation initiale du réserviste. Elle est complétée ensuite par les formations APJA et secourisme. La Formation Opérationnelle du Réserviste Territorial (FORT), plus longue (24 jours), intègre directement ces modules et permet une mise en condition opérationnelle plus rapide. Ce n’est qu’à l’issue de l’une ou l’autre de ces formations que vous effectuerez vos premiers renforts en brigade.
Ce que fournit la Gendarmerie : le paquetage de primo-dotation
Bonne nouvelle : la Gendarmerie nationale ne vous envoie pas sur le terrain les mains vides. À l’issue de votre formation, vous percevez un paquetage de primo-dotation lors de votre première année d’engagement. Ce paquetage constitue le socle réglementaire de votre équipement. Il ne couvre cependant pas tout, et c’est précisément là que réside l’enjeu de cet article.
Pour compléter votre tenue avec les pièces conformes aux décrets de l’administration française, vous pouvez consulter les uniformes des Forces de l’Ordre disponibles chez ateq-uniforme.fr, une référence reconnue par les professionnels de la sécurité.
La tenue de service courant et la tenue de campagne
Chaque réserviste de la Gendarmerie reçoit deux types de tenues. La première est la tenue de service courant : l’uniforme bleu gendarmerie, porté lors des missions en brigade ou en contact avec le public. La seconde est la tenue de campagne, composée d’un treillis camouflage, plus précisément la chemise UBAS, le pantalon treillis T3 et la veste F3. Ces pièces sont fabriquées en tissu ripstop, résistant aux déchirures, léger et respirant. Elles sont conformes aux standards militaires français.
Les réservistes portent exactement les mêmes uniformes que les gendarmes d’active, comme le précise le site gendarme-reserviste.fr. Il n’existe aucune tenue spécifique « réserviste » : l’exigence de conformité est totale.
Le matériel de dotation collective : ce qu’on ne peut pas acheter
Certains équipements sont remis directement par la brigade et ne doivent jamais faire l’objet d’un achat personnel. Voici ce qui relève systématiquement de la dotation collective :
- Les menottes réglementaires et leur étui : ils sont fournis par l’unité et ne doivent en aucun cas être remplacés par du matériel personnel marqué « Gendarmerie nationale ».
- Les aérosols de défense (lacrymogènes) : attribués selon les besoins opérationnels de la brigade, jamais achetés à titre personnel.
- Le bâton télescopique de type ASP et son étui : fournis en dotation collective lors de vos services.
- L’arme de service (pistolet) et son chargeur : remis lors des missions nécessitant un armement, sous conditions de formation et d’assermentation.
La règle est simple : si un article porte la mention officielle de l’institution, n’en achetez pas un exemplaire personnel. En cas de doute, posez la question à un gradé de votre brigade avant tout achat.

L’équipement personnel des réservistes de la Gendarmerie : ce qu’il faut acquérir
Là où les choses deviennent concrètes, c’est dans la liste des équipements que vous devrez vous procurer vous-même. Ce n’est pas un luxe : c’est une nécessité opérationnelle. La dotation de base ne couvre pas tous les besoins du terrain, et les brigades ne disposent pas toujours d’un stock suffisant pour chaque réserviste. Anticiper cela avant vos premières missions, c’est vous donner les moyens d’être véritablement efficace.
Le ceinturon d’intervention et le holster
Le ceinturon d’intervention est l’épine dorsale de votre équipement : presque tout y est fixé. Deux modèles coexistent. Le ceinturon en cuir classique, plus rigide, est traditionnel. Le ceinturon d’intervention à 3 points, en nylon 50 mm avec velcro intérieur, offre davantage de confort, une meilleure stabilité des équipements et une résistance accrue à l’arrachement. C’est ce modèle que privilégient la majorité des réservistes expérimentés.
Le holster doit être compatible avec l’arme de dotation de votre brigade, généralement le MAS G1 ou le SIG Sauer SP2022. Privilégiez un modèle en Cordura, léger, doté d’un système de sécurité à patte de verrouillage. Il existe des modèles spécifiquement conçus pour la gendarmerie de réserve, équipés du système STOPSNAP à double sécurité. Vérifiez toujours la compatibilité avec votre arme de service avant tout achat, et attendez d’être affecté en brigade pour connaître le modèle en dotation.
À ce ceinturon viendra s’ajouter une dragonne en kevlar : cette sangle fine, fixée au poignet et à l’arme, constitue une sécurité supplémentaire contre les arrachements ou les chutes accidentelles lors des contacts physiques.
Chaussures d’intervention, gants tactiques et dragonne kevlar
Les chaussures d’intervention figurent parmi les équipements les plus importants à bien choisir. Elles doivent offrir une semelle antidérapante, un maintien du pied solide et une résistance aux conditions météorologiques variées. Les rangers de type militaire homologuées, disponibles auprès de fournisseurs spécialisés, répondent à ces critères. Évitez les modèles « look militaire » destinés au grand public : ils cèdent rapidement face aux contraintes du terrain.
Les gants tactiques anti-coupure sont indispensables pour les fouilles de véhicules ou la manipulation d’objets potentiellement dangereux. Prévoyez deux paires : une version fine pour les interventions de précision, et une version renforcée pour les interpellations physiques. Choisissez des modèles certifiés norme CE anti-coupure/anti-piqûre pour garantir une protection réelle.
La lampe torche et les accessoires de terrain
Une lampe torche d’intervention est indispensable, notamment lors des missions nocturnes. Visez un modèle d’une puissance comprise entre 300 et 600 lumens, compact, avec une commande simple et une bonne autonomie. Certaines brigades ne disposent pas toujours de lampes en quantité suffisante. Avoir la sienne est donc une assurance concrète. Rechargez-la systématiquement avant chaque service.
Un porte-gants fixé au ceinturon, un porte-bâton télescopique pivotant et un étui à menottes administratives (modèle non marqué « Gendarmerie ») complètent efficacement votre équipement personnel. Ces accessoires de terrain permettent un déploiement rapide du matériel sans fouiller dans des poches ou un sac.
Gilet tactique et porte-accessoires : aller plus loin dans l’équipement des réservistes de la Gendarmerie
Une fois les bases couvertes, certains réservistes de la Gendarmerie souhaitent aller plus loin avec un gilet tactique modulable (système MOLLE). Ce type de gilet permet d’y greffer des pochettes supplémentaires pour du matériel à portée de main rapide : documents, matériel médical de premier secours, lampe de rechange. Il ne remplace pas le gilet pare-balles de dotation, mais offre une souplesse organisationnelle précieuse. Là encore, attendez votre affectation en brigade et obtenez l’accord de vos responsables avant tout achat.
Les accessoires de visibilité, comme le brassard rétroréfléchissant, sont obligatoires lors de certaines missions sur la voie publique. Vérifiez auprès de votre unité s’ils sont fournis ou s’ils doivent être achetés.

Tableau récapitulatif : fourni par l’institution vs. à acheter soi-même
| Équipement | Fourni par la Gendarmerie | À acquérir personnellement |
|---|---|---|
| Uniforme bleu / treillis (chemise UBAS, pantalon T3, veste F3) | ✅ Oui (paquetage primo-dotation) | Pièces de rechange éventuelles |
| Menottes réglementaires + étui | ✅ Oui (dotation collective) | ❌ Ne pas acheter |
| Aérosols lacrymogènes | ✅ Oui (dotation collective) | ❌ Ne pas acheter |
| Arme de service + chargeur + étui | ✅ Oui (dotation collective) | ❌ Ne pas acheter |
| Bâton télescopique + étui | ✅ Oui (dotation collective) | Porte-bâton personnel en complément |
| Ceinturon d’intervention | Variable selon les brigades | ✅ Recommandé (modèle 3 points) |
| Holster | Variable selon les brigades | ✅ Recommandé (après affectation) |
| Chaussures d’intervention | Paire fournie à la PMG | ✅ Deuxième paire recommandée |
| Gants tactiques anti-coupure | ❌ Non | ✅ Indispensable (2 paires) |
| Lampe torche d’intervention | Non systématique | ✅ Fortement recommandé |
| Dragonne kevlar | ❌ Non | ✅ Recommandé |
| Gilet tactique MOLLE | ❌ Non | Optionnel (accord hiérarchique) |
Sources : Gendarmerie nationale — Réserve opérationnelle de 1er niveau & Police-nationale.net — Fiche métier réserviste gendarmerie.
FAQ — Réservistes de la Gendarmerie et équipement
Les réservistes de la Gendarmerie reçoivent-ils tout leur équipement gratuitement ?
Non, pas intégralement. La Gendarmerie fournit un paquetage de primo-dotation (tenue, chaussures, matériel de sécurité collectif). En revanche, des équipements personnels comme le ceinturon d’intervention, les gants tactiques ou la lampe torche restent à votre charge.
Peut-on acheter son holster soi-même en tant que réserviste de la Gendarmerie ?
Oui, sous conditions. Il faut d’abord connaître l’arme de dotation de votre brigade, puis choisir un modèle compatible. Attendez votre affectation et obtenez l’accord d’un gradé avant tout achat, les pratiques variant selon les unités.
Quelles chaussures privilégier pour ses premières missions en tant que réserviste ?
Des rangers d’intervention homologuées, à semelle antidérapante et maintien latéral renforcé. Évitez les modèles civils au look militaire. La Gendarmerie fournit une paire à la PMG, mais une deuxième paire personnelle est vivement recommandée.
Combien de jours par an un réserviste de la Gendarmerie est-il mobilisé en moyenne ?
En moyenne, 23 jours par an. L’objectif institutionnel est de porter cette moyenne à 30 jours. Le réserviste doit prévenir son employeur au moins un mois à l’avance, sauf clause de réactivité contractuelle.
Faut-il attendre d’être affecté en brigade avant d’acheter du matériel personnel ?
Oui, absolument. Les équipements varient selon les brigades et certains achats peuvent s’avérer inutiles ou non conformes. Patientez jusqu’à votre première affectation et consultez votre hiérarchie avant tout investissement matériel.
